romanes. Aussi font-ils l'objet de nombreuses études sur le français. L'évolution de leurs formes et leurs propriétés morphologiques ont été considérées dans la grammaire historique. Leurs fonctions et leurs comportements ont été décrits en ...
romanes. Aussi font-ils l'objet de nombreuses études sur le français. L'évolution de leurs formes et leurs propriétés morphologiques ont été considérées dans la grammaire historique. Leurs fonctions et leurs comportements ont été décrits en grammaire traditionnelle et, de manière plus rigoureuse et plus cohérente, en linguistique structurale. Enfin, la grammaire générative a essayé, depuis Kayne (1975), d'y fournir une explication formelle en se posant des questions fondamentales sur leur statut catégoriel et les relations structurales qu'ils entretiennent avec les autres éléments de la phrase.
Le présent travail se veut une étude générative prenant comme cadre théorique le modèle dit "Minirnaliste", proposé par Chomsky (1993, 1994, 1995). Et l'objectif de notre travail est de contribuer à une meilleure compréhension de la nature des pronoms clitiques dont les propriétés morpho-syntaxiques restent encore en bonne partie inexpliquées.
Pour atteindre le but, nous procédons de la manière suivante. Dans le premier chapitre, nous présentons quelques principales propriétés de pronoms clitiques pour permettre aux lecteurs non familiarisés de suivre le déroulement de notre argumentation. Dans le deuxième chapitre, nous passons brièvement en revue les analyses qui ont déjà été proposées par les linguistes, en les répartissant dans les trois catégories suivantes: la Théorie de mouvement, la Théorie de génération de base et la Théorie unifiant les deux premières. Ensuite, dans le quatrième chapitre, nous introduisons quelques notions de base du Minimalisme en les réinterprétant éventuellement, pour rendre compte de diverses constructions contenant un pronom clitique: proposition à temps fini simple, proposition à temps fini composé, proposition infinitive, etc. Enfin, les points essentiels examinés ou proposés au cours de l'argumentation sont résumés dans le dernier chapitre.
En particulier, nous soulignons la nécessité de réinterpréter le Principe de procrastination de façon à rendre compte du mouvement visible de pronoms clitiques. Ce principe, tel qu'il a été proposé par Chomsky, consite à dire que le mouvement visible est moins économique que le mouvement invisible et par conséquent que celui-ci doit alors être adopté au détriment de celui-là. Mais nous soutenons qu'il n'est valable que si les deux types de mouvement conduisent chacun à une dérivation "convergente", ce qui n'est pas le cas des constructions qui nous préoccupent. D'autre part, il a été démontré dans notre analyse que ce n'est pas toujours un seul type de trait fixe qui déclenche le mouvement visible des pronoms clitiques, mais qu'il suffit, pour attirer ces derniers, que dans leur proximité se trouve une catégorie quelconque ayant un trait formel qui demande à être légitimé par ces pronoms. Cette analyse semble pleinement justifiable au regard du Minimalisme.