Notre article a pour but d'interpréter psychanalytiquement le mythe de la Création de l'Homme dans la Bible. Selon cette dernière, la naissance proprement dite de l'homme se fait en trois étapes; dans la première, toutes les espèces, ca ...
Notre article a pour but d'interpréter psychanalytiquement le mythe de la Création de l'Homme dans la Bible. Selon cette dernière, la naissance proprement dite de l'homme se fait en trois étapes; dans la première, toutes les espèces, caractéristiques des êtres en soi selon les termes sartriens, sont créées, à l'exception de la créature humaine. Leur existence ne demanderait pas celle de l'autre, qui serait par contre la condition nécessaire pour celle de l'homme, dont la création compose la deuxième période. En effet, Dieu créa l'homme à son image, c'est-à-dire que Dieu et l'homme se ressemblent de telle sorte que l'existence humaine est perméable à Dieu, tandis que l'imperméabilité est la propriété de la Chose. De même, Adam fut créé comme double, en comportant sa partenaire dans une de ses côtes. Ces deux étapes correspondraient respectivement aux deux registres lacaniens du réel et de l'imaginaire. En effet, selon les définitions de J. Lacan, le réel est ≪ce qui ne cesse pas de ne pas s'écrire≫ à cause de son extériorité à la conscience, alors que l'imaginaire est un registre du double, où l'un se lie indissolublement à l'autre par l'identification et l'incorporation.
D'autre part, l'expulsion d'Adam et Eve du jardin d'Eden correspond, au sens lacanien, au passage de l'imaginaire au symbolique. Le fait que les yeux s'ouvrent, après avoir mangé le fruit de la connaissance du bien et du mal, signifie l'obtention de la faculté de différencier toutes les choses, ce qui est caractéristique du symbolique. Mais on doit remarquer que le symbolique ne suit pas l'imaginaire, mais que celui-là est le préalable de celui-ci, c'est-à-dire que l'imaginaire n'existerait pas sans le symbolique. Selon J. Lacan, celui-ci ≪préex-siste à(se tient avant et hors de)≫ celui-là.
Cette connaissance de la différence dans le symbolique entraîne ≪plusde-jouir≫(J. Lacan) dans le même contexte de plus-value marxiste, parce que le plaisir se multiplierait en contraste avec la douleur. C'est ce que J.Lacan appelle ≪jouissance≫.