Notre objectif dans cette étude est double: d'une part, nous avons essayé d'éclairer la notion de catharsis dans la Poétique d'Aristote: d'autre part, après avoir examiné la validité et la limite de la notion, nous avons tenté de l ...
Notre objectif dans cette étude est double: d'une part, nous avons essayé d'éclairer la notion de catharsis dans la Poétique d'Aristote: d'autre part, après avoir examiné la validité et la limite de la notion, nous avons tenté de l'élargir dans le genre littéraire en général, surtout dans le genre narratif. Il s'agit d'un effet paradoxal: comment le lecteur(ou le spectateur) dans la tragédie peut-il avoir du plaisir, au lieu de l'effrayeur et la pitié? Pour répondre à cette problématique, nous avons réinterprété la notion de mimesis, pour la placer dans un cercle herméneutique. Ainsi se constitue le cercle de mimesis-muthos-catharsis. Mimesis, c'est la "représentation" des actions humaines. La représentation consiste dans une mise-en-intrigue qui configure des événements en leur donnant la forme et le sens. Le lecteur prend du plaisir dans une activité de refiguration, ce qui nous permettra de discerner le sens divers du mot catharsis: la purgation, la purification et la reconnaissance ou la compréhension. La théorie de la lecture, d'abord phénoménologique, puis psychanalytique, nous a conduit à élargir la notion dans le genre littéraire en général, La lecture devient une réception active, soit le combat, soit le jeu, soit le voyage, etc. En tout cas, il s'agit toujours d'un plaisir de reconnaissance ou la compréhension, d'une vérité esthétique. La littérature, même au moment où elle semble refuser l'esthétique de la représentation, ne peut repousser l'effet cathartique, tant qu'elle ne s'arrête pas de poser et reposer la question sur le sens dans le texte ainsi que dans la vie.