Dans de nombreuses études précédentes, il a été signalé que les verbes psychologiques comme amuser, quand ils ont un sujet humain, peuvent avoir la structure argumentale , en dehors de celle . C'est-à-dire que l'on considère que le sujet hum ...
Dans de nombreuses études précédentes, il a été signalé que les verbes psychologiques comme amuser, quand ils ont un sujet humain, peuvent avoir la structure argumentale , en dehors de celle . C'est-à-dire que l'on considère que le sujet humain de ces verbes psychologiques présente une ambiguïté entre l'interprétation agentive et l'interprétation non agentive(causative). Or, cette ambiguïté interprétative concernant le sujet humain se réduit en l'occurrence à un problème de savoir s'il y a eu ou pas une intention ou une volonté de sa part.
Dans cet article, remettant en question cette postulation de la structure marquée pour les verbes du type amuser, nous avançons l'idée que la différence interprétative dont il s'agit ici est une différence du point de vue de la sémantique situationnelle, et que la structure argumentale, ou en termes plus généraux, la représentation des propriétés interprétatives du terme lexical, ne voit pas cette différence. Pour dire les choses autrement, la différence des interprétations situationnelles n'est pas pertinente en ce qui concerne la structure argumentale.
Ainsi, nous démontrons qu'en apportant des preuves linguistiques données en termes négatifs et positifs, le sujet humain des verbes du type amuser ne se comporte pas comme un Agent mais s'assimile en réalité au sujet causatif, non animé-humain. On voit là un cas particulier de la non coïncidence entre la strate sélectionnelle (Animé/Inanimé) et la strate interprétative(Agent/Cause) qui sont en général corrélées. Mais, cette situation particulière se comprendra si l'on prend au sérieux l'analyse selon laquelle le sujet des verbes du type amuser est une Cause, introduite uniformément par le suffixe causatif zéro. Cela revient à dire que l'interprétation du sujet de ces verbes, donc la Cause, est en quelque sorte imposée ou déterminée extrinsèquement par le morphème spécifique dit causatif. Dans la mesure où cette détermination interprétative imposée est liée primordialement à un terme dont le référent est Inanimé, elle se révèle avoir une portée réelle sur le terme-sujet des verbes tels que amuser : ainsi, le terme à référent [Animé-humain] ne peut apparaître comme un sujet Cause des verbes concernés que si ses propriétés référentielles caractéristiques sont inertes. En effet, comme les propriétés [Animé(-humain)] et [Inanimé] sont dichotomiques, on peut désormais comprendre pourquoi le sujet humain des verbes du type amuser se comporte comme un Inanimé.
Dans cette optique, on comprend qu'il soit légitime de dire que le sujet des verbes comme amuser n'est pas un Agent (quel que soit son caractère référentiel), ni un Objet de l'émotion, ni un Experienced, ni même un Theme, mais bien une Cause au sens strict du terme. Il ne s'agit pas là, comme on donne trop souvent à le croire, d'un simple label distinctif qu'on peut choisir par intuition ou par commodité ; au contraire, il s'agit d'une notion dont les propriétés peuvent être établies par l'analyse pertinente (à savoir, causative), ainsi que par l'expérimentation linguistique.