On connaît Aujourd'hui l'importance de la folie dans le champs culturel. D'après Michel Foucuault, toute l'histoire culturelle de l'Occident émanerait de l'histoire d'un impérialisme de la raison, d'une répress ...
On connaît Aujourd'hui l'importance de la folie dans le champs culturel. D'après Michel Foucuault, toute l'histoire culturelle de l'Occident émanerait de l'histoire d'un impérialisme de la raison, d'une répression, d'un refoulement de la folie. L'objet de Foucault est, en fait, de restituer la parole et le droit d'expression à la folie. Ce qui est en jeu, c'est rendre un nouveau statut à la folie.
La folie, qui était exclue du champs culturel, existe pourtant depuis toujours dans le domaine littéraire. Il est vrai qu'il n'y a pas de littérature de la folie à l'âge classique. Elle réapparaît et restitue son propre langage à partir du Neveu de Rameau.
Après avoir étudié la folie chez Balzac, nons allons nous pencher sur le mode de traitement de la folie proposé par un autre grand maître du réalisme du XIXème siècle, Stendhal. Celui-ci avait une vision positive de l'avenir et entretenait de grands espoirs sur la société qui annonc¿ait son avènement. Pourtant, en regardant de près ses oeuvres, on remarque une certaine fréquence d'un vocabulaire se rapportant à la folie. Or, excepté Octave. les personnages Stendhalilens ne sont jamais fous au sens clinique du terme.
La folie chez Stendhal est poétique et énergique. L'auteur lui accorde un nouveau statut dans La Chartreuse de Parme. En effet, la folie y est synonyme de vitalité, puissance, elle est une incomparable source d'énergie. Le personnage de Fabrice méprise le bonheur vulgaire de la même manière que Ferrante Palla dédaigne le contentement dans le bien-être matériel. Pour ces derniers, la folie n'est pas autre chose que la soif d'un bonheur plus sublime encore.
Chez Stenchal, la folie est asocial. La société force les gens à respecter l'ordre, à se comporter les uns comme les autres. Or les héros stendhaliens revendiquent la différence. Si la folie de Ferrante Palla est "anti-sociale" et criminnelle, celle de Fabrice est "près-sociale". Par le refus de ce dernier de vivre à la cour et son choix d'une vie primitive, pure et solitaire en optant pour la prison, sa folie semble être un retour aux origines, une forme de nostalgie pour le primitivisme.
Pour Fabrice, la prison ainsi que le lac sont les lieux privilègiés qui incarnent la mère. Donc le bonheur qu'il ressent dans sa geôle et au bord du lac n'est, en effet, qu'un retour vers la mère.
Le langage est aussi un moyen pour exprimer cette nostalgie. Stendhal accorde une impportance aux signes: à la lumière, aux choses et au regard, qui, pour lui, représentent une forme d'expresion avant même le langage. On arrive ainsi au silence car le fou, détenteur d'un langage différent de celui des autres (les "non-fous"), n'a qu'à se taire.
La quête de la mère pousse les héros à la mort de la même façon que les signes mènent au silence. Toutefois, malgré cet aspect tragique de la folie, les personnages principaux de La Chartreuse de Parme veulent demeurer dans le monde de la folie parce qu'il s'agit d'un espace d'avant la naissance, un lieu beau et primitif avant la division du monde, avant la répression. C'est le lieu où "the happy few" veulent rester.