Dans la préface de son ouvrage de 1943, Le Normal et le Pathologique, Georges Canguilhem exprime modestement : "nous avons l'ambition de contribuer au renouvellement de certains concepts méthodologiques, en rectifiant leur compréhension au c ...
Dans la préface de son ouvrage de 1943, Le Normal et le Pathologique, Georges Canguilhem exprime modestement : "nous avons l'ambition de contribuer au renouvellement de certains concepts méthodologiques, en rectifiant leur compréhension au contact d'une information médicale." Et dans cet esprit qui évoque nos conceptions contemporaines que Canguilhem définit les maladies comme "de nouvelles allures de la vie", qui révèlent "de nouvelles possibilités physiologiques". Selon lui, la physiologie est une science des allures stabilisées de la vie, et la guérison est une réorganisation ou une mutation d'un agencement en un autre. S'il en est ainsi, les maladies sont des innovations!
En effet, nous pouvons mieux conprendre aujourd'hui, d'une manière théorique, cette existence d'une double allure, normale et parhologique, en faisant appel à la théorie des systèmes complexes. De même, nous pouvons affirmer que la physiologie humaine est capable de moduler ses normes en interaction intime avec le milieu, le genre de vie, la nutrition. Aux yeux de Canguilhem, la capacité de modifier les normes est essentielle à la normativité elle-même. De toute façon, comme le prétend Georges Canguilhem, il n'y a pasde pathologie purement scientifique ou objectif puisque la norme échappe à la juridiction du savoir objectif. Par conséquent, il y a dans la normativité propre à la vie un élément subjectif irréductible. La philosophie de la vie about it alors à une philosophie du sujet dans sa capacité de vivre des allures et des normes multiples dont la valeur vitale est d'abord une valeur vécue. Ainsi la philosophie de la normativité présente le seul fondement philosophique permettant de rapprocher vie, savoir de la vie, réflexion sur ce savoir et recherche de normes en vue de l'action.